Les TIC et le développement: quelles relations?

Pourquoi les deux thèmes: Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et  Développement ont-ils été associés pour créer ce vaste domaine d’intervention que sont les TIC pour le développement, que j’apprécie?

Image

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, donne 17 ans à la communauté internationale pour éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde. Quelle peut-être la contribution des TIC pour l’atteinte de cet objectif?

Selon Richard Heeks, l’émergence du domaine des TIC pour le développement date de la fin des années 90. Cette période peut être associée d’une part à la plus grande accessibilité à l’Internet, d’autre part au retour en puissance de la question du développement international dans les différents agendas politiques. Pendant que l’accès à l’Internet devenait de plus en plus aisé et suscitait un intérêt grandissant pour les TIC, les divers acteurs du développement international s’engageaient également à définir des objectifs communs de développement.

Selon R. Heeks, « les technologies numériques des années 1990 étaient des nouveaux outils à la recherche d’un but », pendant que « les objectifs de développement étaient des nouveaux buts à la recherche d’un mécanisme de réalisation » (R. Heeks 2009, p.3).

Dans un tel contexte, il n’est pas difficile de d’appréhender l’association de ces deux thèmes – les TIC et le développement international – pour la création d’un nouveau domaine de recherche : les TIC pour le développement. Heeks cite quatre évènements majeurs dans le processus de formalisation du domaine des TIC pour le développement :

  • la publication par la Banque Mondiale en 1998 d’un rapport sur le développement international (C. Dahlman, 1998) soulignant le rôle de l’information, des connaissances et des TIC pour le développement ;
  • la création par les pays du G8 en 2000 du Groupe de travail sur les opportunités numériques (DOT Force 2001), fixant un agenda pour l’action dans le domaine des TIC pour le développement ;
  • et les deux sommets mondiaux sur la société de l’information (SMSI) tenus à Genève en 2003 et à Tunis en 2005, établissant une forte corrélation entre les ODM et les politiques actuelles d’application des TIC pour le développement

Dès cette période, la contribution des TIC au développement fut appréhendée de deux façons complémentaires (J. Adam, P. Jacquet 2005):

La  première insiste sur le fait que les pays en développement doivent s’approprier les TIC de façon à ne pas accroitre leur retard économique ; cela suppose que les TIC sont en elles même un secteur, une branche de l’économique qu’il faut promouvoir et développer.

La seconde vision, sur laquelle nous allons nous attarder, insiste sur la possibilité que donnent les TIC de sauter les étapes traditionnelles du processus de développement (R. E. Pasquati, 2011). Cette approche met l’accent sur la contribution précise de l’utilisation des TIC dans les domaines spécifiques du développement : agriculture, santé, éducation, gouvernance, égalité du genre…

Cette dernière vision est adoptée par des organisations internationales d’appui au développement et par des Etats. Les interventions de ces organismes s’appuient sur l’efficacité constatée des TIC dans le secteur du développement Humain et leurs contributions dans l’atteinte des Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD). 

Sources:

HEEKS, R., 2009. The ICT4D 2.0 manifesto: where next for ICTs and international development? Institute for Development Policy and Management, University of Manchester. Disponible sur: http://goo.gl/BnHbE  [Consulté le 7 février 2013].

ADAM J., JACQUET P., (2005)  Les TIC et le développement des pays pauvres Chapitre 8 du cahier n° 7 du Cercle des Economistes http://www.pierrejacquet.fr/IMG/pdf/TIC_pays_pauvres_final.pdf . [Consulté le 7 février 2013].

PASQUATI, E. R. (2011). L’appropriation socioculturelle du téléphone portable par des agriculteurs de la Boucle du Mouhoun, Burkina Faso. Contribution à une approche socioculturelle des TIC pour le développement socio-économique (Doctoral dissertation, Université Paris Ouest Nanterre La Défense). http://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00610848/ [Consulté le 15 février 2013].

Publicités

À propos de Mahamadi ROUAMBA

Je suis consultant en innovation technologique et sociale pour le développement, Directeur de la start-up TICanalyse 01 et fondateur de l'incubateur de start-up Beoogo Lab.

Publié le 12 juin 2013, dans Uncategorized, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laissez nous un commentaire, merci d'avance!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s