CARET 2013: Afrique, numérique, économie et regulation

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Du 22 au 24 octobre s’est tenu à Ouagadougou à l’hotel Laïco la deuxième Conférence Africaine sur la Régulation et l’Économie des Télécommunications. Cette conférence avait pour but de mettre en rapport des communautés qui ne se croisent pas de façon courante, notamment le milieu académique, la société civile, les opérateurs et régulateurs. Les débats, les échanges et partages d’expériences qui ont eu lieu trois jours durant se faisaient autour de trois (03) mots clés : Afrique, numérique, économie et régulation.

Synthèse des travaux

La session inaugurale intitulée « prospective du numérique » a été présidée par Monsieur Paul Noumba, représentant de la Banque Mondiale. Cette session a été marquée par une seule présentation, celle de M. Laurent GILLE enseignent Chercheur à Telecom ParisTech.

Il a présenté une étude sur la dynamique d’Internet en 2030. Cette étude fait une prospection du développement de l’Internet en 2030 et met en évidence les étapes d’évolution de l’Internet depuis son introduction dans les années 90 et montre que Internet en couvrant l’ensemble de l’économie a permis une évolution rapide de la technologie et modifié les usages et les comportements des consommateurs. L’avenir de l’Internet présage davantage des transformations profondes de la société de l’information.

La deuxième session intitulée « la demande et la transition technologique » a été présidée par M. Gaston ZONGO, DG de BIDS. Elle a été ponctuée de Cinq présentations.

  • M Sami Tabbane de la Tunisie, a présenté les opportunités du haut et du très haut débit de l’internet mobile.
  • Monsieur Alassane KAFANDO,  ingénieur en télécommunication à Télécel Faso, s’est intéressé à l’utilisation des réseaux ad ‘hoc pour  améliorer  la production agricole et permettre l’accès haut débit à moindre coût des populations africaines en particulier dans le milieu rural.
  • Augustin Foster CHABOSSOU, professeur à l’Université  d’Abomey Calavi de Cotonou au Bénin est intervenu sur l’élasticité de la demande individuelle.
  • Monsieur Ismaël TRAORE, ingénieur en télécommunications à Télécel Faso a porté sa réflexion sur l’alimentation en énergie des sites GSM.
  • Monsieur Ilias Nasser NGOUHOUO, Ingénieur en télécommunication à l’Autorité de régulation du Cameroun a fait une communication portant sur la  « valeur économique des ressources de numérotation au Cameroun à l’ère de la régulation ».

La troisième session intitulée « contributions au développement », a été ponctuée par trois présentations et présidée par M. Brelotte BA, DG de Orange Niger.

  • M. Mahamadi ROUAMBA Consultant en usages innovant en TIC pour le développement à travers le thème « méthodologie de formulation d’un projet d’intégration des TIC dans un programme de développement : méthodes et outils » a abordé la question des échecs des projets TIC. Pour M. ROUAMBA, ces échecs sont dus essentiellement à la méconnaissance ou à la non prise en compte des outils de planification des projets TIC.  Pour pallier à ces insuffisances, il propose deux outils que sont l’analyse du flux d’information et le plan technologique.

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Page de garde de ma présentation

  • M. Etienne TSHISHIMBI, membre de l’ISOC Sénégal, il a abordé le thème de la participation des jeunes à la gouvernance des TIC.
  • M. Yao SOGLO de l’Université d’Abomey-Calavi (Benin) est  « TIC et croissance en Afrique : une illusion ? ».

La quatrième session intitulée « contributions au développement »  a été présidée par M. Oumarou SIE de l’Université de Ouagadougou et marquée par une seule présentation faite par M. Mor NDIAYE BAYE de l’ARTP du Sénégal à travers le thème « comment orienter le développement territorial des infrastructures et des accès ? ».

  • M. Cheikh Abdallah Cheikh Baye de l’Autorité de Régulation de Mauritanie, s’interroge sur la possibilité d’utiliser les outils microéconomiques pour démontrer l’existence de collusion sur le marché du mobile en Mauritanie.
  • Mme Salamata Rouamba de l’ARCEP du Burkina Faso, s’est posé la question de savoir quelle pourrait être l’attitude de la régulation face à la multiplicité des offres commerciales des opérateurs notamment les bonus sur le crédit de communication.

  • M. Alexis MAINGARD de Télécom ParisTech à travers le thème « succès et échecs des privatisations en Afrique » s’interroge sur les facteurs de réussite ou d’échec de la privatisation d’un opérateur de télécommunications en Afrique.

Trois présentations ont ponctué la cinquième session présidée par Maitre Salifou DEMBELE.

  • Au cours de cette session, M. Franck Comlan de l’ONATEL s’est interrogé sur la problématique de la protection des consommateurs des services de communications électroniques au Burkina Faso.
  • Mme Aude Schoentgen, Doctorante à Télécoms Paristech aborde la question de la valorisation des opérateurs et des licences en Afrique.
  • M. Karimou Salifou Directeur de la Régulation à Airtel Niger a entretenu l’assemblée sur l’arbitrage entre concentration et concurrence  dans les télécommunications africaines.

La dernière session sur la coopération internationale a été Présidée par Mme Fati Moussa de l’ARM du Niger et a été constituée par la seule présentation de M. Patrick SAERENS.

  • M. Patrick Saerens, chargé de cours en droit public économique à l’IC-HEC et l’IHECS de Bruxelles a abordé la question des régulateurs nationaux, entre coopération et intégration panafricaine.

Une table ronde animée par monsieur Laurent Gille autour de thématiques clôturé les travaux.

Conclusion

A l’issue de la CARET 2013, il se dégage que l’ARCEP Burkina et Telecom ParisTech ont vu juste en renouvelant cette conférence d’envergure régionale et internationale, aujourd’hui unique espace francophone du Continent, qui réunis les acteurs africains et internationaux autour des questions de politique et de régulation du secteur des télécommunications et des TIC.

En effet, les 72 heures d’échange, de réflexion et de débats ont permis avec l’appui de personnes ressources, d’identifier les défis de l’heure pour l’Afrique. Au nombre de ceux-ci figurent les préoccupations et questionnement ci-après :

  • Comment développer les réseaux large bande ? (Bande passante : accès, maillage, service data, opérateur d’infrastructure, mutualisation des backbones, …)
  • Quels types d’opérateurs (opérateur non opéré, MVNO) aurons-nous dans les années à venir et comment les réguler ?
  • Fonctions du régulateur : est-ce le rôle du régulateur de défendre les consommateurs ?
  • Comment développer l’innovation en Afrique ?
  • Inciter les politiques à inclure ces défis dans leurs analyses prospectives serait salutaire pour l’Afrique.
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À propos de Mahamadi ROUAMBA

Je suis consultant en innovation technologique et sociale pour le développement, Directeur de la start-up TICanalyse 01 et fondateur de l'incubateur de start-up Beoogo Lab.

Publié le 1 novembre 2013, dans Uncategorized, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Dommage que l’ARCEP ait un rôle en retrait face aux grands enjeux du développement des TIC en ne voyant que l’aspect économique des offres commerciales, sans penser au développement des autres aspects des TIC

  2. « ces échecs sont dus essentiellement à la méconnaissance ou à la non prise en compte des outils de planification des projets TIC. »

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ton opinion. L’expérience que j’ai eu et pu constater avec les projets TIC au sein des associations agricoles sont qu’il y a avant tout un manque de participation active des utilisateurs concernés par faute de sensibilisation et/ou de formation.
    En gros, avant la réalisation de ces projets:

    1- il faut jauger le niveau technique des futurs utilisateurs quitte à donner les prérequis à ces derniers et repousser la réalisation du projet sur plusieurs mois voir sur l’année suivante.

    2- il faut faire la publicité interne et/ou externe du produit TIC que l’on compte adopter au sein de l’organisme.

    3- il faut insister sur une durée conséquente des formations et accompagnement prolongé sur le terrain (phase de test en condition réel et production) pendant un certain temps.

    Et tout cela a un coup que ces organisations agricoles devraient à l’avenir bien calculer et inclure dans leur budget prévisionnel afin de rendre leur projet pérenne.

    Ceci est mon avis.

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